Le Monde: ZP está a la merced de ETA
noviembre 11, 2006 | 4 Comentarios
Le Monde no ve con claridad cual es la “hoja de ruta” de JLR Zapatero en el “proceso negociador” en curso, afirmando que, a su modo de ver, “ZP está a la peligrosa merced de nuevas acciones de ETA”.
Le Monde [10 noviembre 2006]
Zapatero-ETA : dialogue en crise, par Cécile Chambraud
Cécile Chambraud
Au Pays basque, José Luis Rodriguez Zapatero avance sur un fil. Le “processus” de dialogue avec l’ETA qu’il a officiellement engagé le 29 juin est déjà en crise, avant même que ses représentants et ceux du groupe armé aient pu se rencontrer. A la première occasion grave - le vol, par un commando de l’organisation, de 350 armes de poing en France, le 24 octobre à Vauvert -, voilà le président du gouvernement espagnol sommé, y compris par une partie de ses partisans, de démontrer qu’il sait où il va et d’obtenir, avant de poursuivre, la preuve que l’ETA a bien décidé d’arrêter la “lutte armée”.
Le président du gouvernement espagnol souffre d’abord de ce que le groupe armé ne donne pas précisément le sentiment d’avoir accepté la feuille de route telle que l’a résumée M. Zapatero : “La paix d’abord, la politique après.” Cela signifie que l’ETA doit apporter la preuve qu’elle renonce définitivement à la violence avant que sa vitrine politique, Batasuna, interdite depuis trois ans, soit à nouveau autorisée, de façon à pouvoir participer à des discussions avec les autres forces politiques sur l’évolution du cadre juridique du Pays basque. Autrement dit, l’ETA doit renoncer à tout rôle politique.
Le dernier texte rendu public par l’organisation clandestine, dimanche 5 novembre, atteste tout le contraire. Elle s’y plaint de ce que les discussions discrètes conduites entre les partis basques, dont Batasuna, n’avancent pas assez vite et elle insiste sur la prise en compte de ses revendications, faute de quoi “le processus se romprait”. Cet agacement explique que, depuis l’été, les actes de violence ne cessent pas au Pays basque. Ajoutés au braquage de Vauvert, ils placent le gouvernement dans une situation difficile. Car M. Zapatero a toujours conditionné l’ouverture de discussions à un arrêt de tout type de violences, pas seulement des attentats.
Cette situation est mise à profit par l’opposition. Depuis le début, les conservateurs du Parti populaire ont choisi de combattre le “processus”. La droite espagnole campe sur une position simple, pour ne pas dire simpliste : l’ETA étant un groupe terroriste, l’unique politique qui vaille avec lui est la répression, les seuls instruments légitimes sont la police et la justice. Elles seules peuvent avoir raison d’une poignée d’activistes pour qui le passage à la démocratie, en Espagne, n’a rien changé, et dont toute l’histoire montre qu’ils ne renonceront jamais à leur objectif : obliger Madrid et les Basques eux-mêmes à consentir à l’indépendance d’un Pays basque englobant la Navarre et le Pays basque français. Avec l’ETA, seul un processus de reddition peut-être discuté.
Non seulement les conservateurs refusent leur soutien à la démarche du chef de l’exécutif, mais ils lui livrent une guerre quotidienne, misant ouvertement sur son échec dans la perspective des élections législatives de 2008. Or certaines de leurs positions rencontrent celles de l’opinion majoritaire des Espagnols sur quelques-uns des sujets que le processus, s’il prospère, abordera nécessairement. Les Espagnols sont par exemple hostiles à l’idée de concessions en échange de l’arrêt de la violence, à celle d’autodétermination ou au rapprochement de la Navarre et du Pays basque. Ils sont également peu disposés à ce que l’on accélère la sortie de prison d’”etarras” condamnés, en particulier ceux qui ont commis des crimes de sang.
Ce n’est pas pour rien que le Parti populaire accuse le gouvernement d’être secrètement disposé à faire des concessions politiques à l’ETA. Les “populaires” en veulent pour preuve la table ronde politique que les socialistes, affirme la droite, seraient prêts à concéder au nationalisme violent avant que le groupe ait effectivement été privé de ses moyens d’agir. Le but de cette future table ronde est, selon les termes de M. Zapatero, de dessiner “un grand accord de coexistence politique” au Pays basque. Ce lieu de négociation est l’une des demandes centrales de l’ETA, qui veut conduire les partis à y discuter ses revendications. Son fonctionnement et son contenu sont, depuis plusieurs semaines, négociés à couvert par le PS basque, le Parti nationaliste basque (PNV), qui dirige la région depuis vingt-huit ans, et Batasuna.
“CONFLIT POLITIQUE”
Cette table ronde est au coeur du problème, car elle revient à poser la question : existe-t-il un “conflit politique” au Pays basque ? C’est évidemment la thèse du nationalisme radical, selon lequel l’Espagne maintient le Pays basque dans la sujétion en lui interdisant de choisir son destin. L’ETA et sa mouvance ont toujours établi un parallèle avec la situation de l’Irlande du Nord et de l’IRA. L’essentiel des élus socialistes et conservateurs, les associations de victimes, les plates-formes citoyennes, nées depuis huit ans pour combattre la violence, rejettent radicalement cette comparaison. Pour eux, l’Ulster et l’Euskadi n’ont rien à voir.
Ils rappellent que les Basques ont choisi leur avenir lorsqu’ils ont voté en faveur de la Constitution espagnole de 1978 puis du statut qui accorde à leur région une autonomie sans égale en Europe. Ils font valoir que les Basques sont traditionnellement partagés, à peu près à parts égales, comme le prouvent toutes les élections, entre nationalistes (ce qui ne veut évidemment pas dire partisans de l’ETA) et non nationalistes. Le problème du Pays basque, argumentent-ils, n’est pas sa relation à l’Espagne. Il est qu’un groupe armé tente de faire taire ses adversaires politiques par la terreur. “S’il n’y a pas de conflit, il ne peut pas y avoir de processus de paix”, résume le philosophe Fernando Savater, l’un des fondateurs de l’association ¡Basta ya ! (Ça suffit !).
C’est pourtant bien d’un “processus de paix” que parle aujourd’hui le gouvernement espagnol. C’est bien le parallèle irlandais que M. Zapatero accrédite lorsqu’il met en scène le parrainage de Tony Blair. Le choix des mots et des modèles peut incommoder. Il peut aussi être tactique. Dans l’un et l’autre cas, il contribue à brouiller la lisibilité de la démarche de M. Zapatero. Pour toute réponse, le chef de l’exécutif répète que le “processus” sera soumis à un principe absolu, celui du respect de la légalité. Cela limite, par exemple, les possibilités de référendum ou, dans un autre registre, des réductions de peines de prison.
Dans le contexte difficile de ces dernières semaines, l’argument semble un peu court à certains. Le 27 octobre, le quotidien El País, pourtant partisan du processus et favorable au chef de l’exécutif, a mis M. Zapatero en demeure de donner des “indications sur sa feuille de route”, ne serait-ce que pour prouver qu’elle existe, et de ne pas se contenter de demander “un acte de foi permanent” aux Espagnols. Voici M. Zapatero dangereusement placé à la merci de nouveaux agissements de l’ETA.
Cécile Chambraud
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4 Comentarios

Sinceramente, Q, me hubiera gustado que este a´tículo de Cécile Chambraud, lo hubiera escrito un periodista o un comentarista en España y en cualquier periódico de aquí, o simplemente que los 4 ó 5 principales medios, se pudieran de acuerdo para editarlo al mismo tiempo. Por una razón básica: expone la situación con claridad y desapasionamiento. añadiendo incluso desde fuera, el punto de vista francés, que es un toque de preocupación por las intenciones de ETA con respecto al país vasco francés.
Ver clara la situación es algo que debemos tratar de objetivar, abandonando a lo lejos los griteríos, legítimos si se quiere, de tantos intervinientes cercanos al problema.
“lo hubiera escrito un periodista o un comentarista en España”
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Q.-
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