España, ¿cuantas guerras civiles..?
febrero 22, 2007 | Escribe un comentario
Las guerras civiles toman en Caína incontables rumbos. Liberation: ETA menace ce petit parti indépendantiste qui rejette la violence. En Sud Ouest, Didier Borotra, hijo de Jean Borotra, una leyenda en la historia del tenis, declara a Anne-Marie Borde que “la democracia está amenazada en España”.
Sud Ouest, 21 febrero 2007, “La démocratie menacée”.
“La démocratie menacée”
Propos recueillis par Anne-Marie Borde
Sud Ouest. Selon vous, le processus de paix est-il définitivement rompu?
Didier Borotra. Je comprends que José Luis Rodriguez Zapatero ait décidé de stopper pour un temps toute négociation à partir du moment où ETA, avec laquelle il discutait, a rompu son engagement, tué et effacé d’un revers de main les efforts de rapprochement (1). Il n’empêche qu’aujourd’hui la violence en Pays basque menace la démocratie espagnole en induisant des comportements partisans en même temps qu’une intrusion du politique dans la justice. On ne peut que s’en inquiéter. L’objectif de tout processus de paix est de marginaliser au maximum les radicaux favorables à la violence. C’est une erreur de croire qu’on pourra faire disparaître le terrorisme par la seule répression policière, même si celle-ci est justifiée. Tous les exemples d’apaisement de situations terroristes dans le monde c’est le cas de l’Irlande du Nord, notamment montrent qu’il n’y a pas d’autre voie que politique.
L’initiative de Zapatero vous paraissait donc justifiée…
Elle était conforme à l’intérêt de l’Espagne et ne faisait d’ailleurs que reprendre des initiatives précédentes de José Maria Aznar et de Felipe Gonzalez. La tentative du président basque, Juan José Ibarretxe, d’engager le dialogue avec Batasuna pour réintroduire la fraction radicale de l’opinion dans le débat démocratique à l’occasion des prochaines élections municipales et locales allait dans ce sens. Or, il s’est retrouvé au tribunal.
Où est la faille?
La faille est double : d’une part la division interne d’ETA et d’autre part le refus du Parti populaire de soutenir l’action du gouvernement. Certains feignent de croire que tout est blanc ou noir. Il est évident qu’ETA est divisée et que toute discussion entamée avec elle fait courir le risque d’une réaction de sa partie qui refuse la négociation. Mais on n’échappera pas, un jour ou l’autre, à la reprise de cette négociation afin de réduire le poids des partisans de la violence. Le rôle du gouvernement basque à cet égard est essentiel. S’il n’y a pas d’autre solution que la négociation, il ne peut pas y avoir non plus de démarche vers la négociation politique sans un large consensus. Une démocratie mûre, apaisée, adulte, est celle où l’on sait se mettre d’accord sur les grands enjeux nationaux et de société. Aujourd’hui, les Basques sont divisés, les forces démocratiques aussi. Dans ce contexte, Ibarretxe et Zapatero sont les victimes d’un jeu politique insupportable lorsqu’il s’agit de terrorisme.
Pensez-vous réellement que la démocratie espagnole est menacée?
Je suis vraiment frappé par l’impossibilité apparente pour les forces démocratiques de s’accorder sur la recherche de la paix. Or, en Espagne comme en France, il y a des problèmes qui ne peuvent être résolus que dans un esprit de rassemblement. Alors que l’opinion dans sa totalité, en Pays basque et en Espagne, rejette la violence, il est inquiétant de constater que certains veulent exploiter à des fins strictement électorales les tensions nées d’un dérapage du processus de négociation. Il est aussi inquiétant de constater que la justice, au nom d’une conception étroite du légalisme, se met en travers de démarches sincères et nécessaires pour réintroduire certaines tendances politiques dans le jeu démocratique. Je crois que les hommes courageux sont ceux qui savent prendre des risques pour mettre un terme à cet affrontement violent, et qu’ils doivent être appuyés dans leur action plutôt que combattus.
La paix peut-elle avoir un « prix »?
La paix ne peut se faire à n’importe quel prix. Mais elle ne peut être que le fruit d’un processus progressif, car on ne peut faire basculer du jour au lendemain les adeptes de la violence dans la démocratie.Le gouvernement français assure que le conflit basque ne concerne pas la France…
C’est bien sûr un langage de façade, car la règle, au niveau international, consiste à ne pas intervenir dans les affaires du voisin. En fait, les deux gouvernements discutent constamment de cette question; le gouvernement français négocie en sous-main. Même si la France n’est plus la terre d’accueil des terroristes d’ETA, elle est concernée par ce qui se passe dans un pays voisin et ami, qui plus est dans une région transfrontalière. Alors que les partis politiques sont libres d’agir comme ils l’entendent, la difficulté, c’est de savoir comment un Etat peut intervenir dans un Etat voisin où il existe un conflit historique de cette importance. La relation entre les gouvernants est essentielle à cet égard. Si la question du Pays basque espagnol concerne d’abord l’Espagne, où demeurent les principaux obstacles, doit-on pour autant rester indifférent en France ?Que répondez-vous?
En tant qu’élu basque impliqué dans la coopération transfrontalière et que parlementaire français, je réponds non. Je mesure les chances de développement extraordinaires que constitue le Pays basque d’à côté, je ne peux accepter d’y voir des amis dans une telle situation. La paix chez eux, c’est pour nous un facteur attractif mais aussi une possibilité de développement. Nous devons nous sentir concernés et appuyer la démarche de la paix.
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(1) Attentat de Madrid du 30 décembre 2006, qui fit deux victimes. (2) Le premier à avoir été mis en examen est le président basque, suivi de Patxi Lopez, secrétaire général des socialistes basques.
