La crisis y el Cobrador del frac
octubre 14, 2008 | 2 Comentarios
Confieso sentir una cierta vergüenza ajena, cuando Le Monde descubre la relación entre la crisis y el Cobrador del Frac.
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La crónica y la imagen del invento no dejan de hablar de una cierta Carpetovetonia castiza y negra:
[ .. ] Il y a vingt ans qu’El cobrador del frac, une société de recouvrement de créances aux méthodes bien particulières, existe en Espagne. Un seul mot d’ordre pour ses quelque 300 encaisseurs qui traquent les mauvais payeurs dans tout le pays, ainsi qu’au Portugal : éviter toute discrétion. “Nous cherchons à mettre le maximum de pression psychologique sur le débiteur”, explique Juan Carlos Granda, directeur international de l’entreprise. En d’autres termes, lui faire honte.
L’homme au frac entre en scène quand les procédures habituelles de recouvrement ont été infructueuses. Il fait toujours son petit effet lorsqu’il se présente à l’improviste, comme ce matin-là, à l’accueil d’une entreprise et demande à parler au patron. Celui-ci étant généralement “en réunion”, El cobrador précise à la cantonade l’objet de sa démarche, laisse sa carte, demande qu’on le rappelle. En l’absence de réaction, il rendra visite aux actionnaires ou aux partenaires du débiteur. S’il le faut, il sonnera au domicile de sa cible, sous le regard stupéfait du voisinage. Il reviendra, jusqu’à ce que le harcèlement porte ses fruits.
“NOTRE SYSTÈME FONCTIONNE BIEN”
La direction de la compagnie cite volontiers l’anecdote récente d’un couple aisé qui traînait les pieds pour régler au traiteur les 60 000 euros d’un repas de noces. L’encaisseur n’eut pas besoin de sortir son frac. S’étant procuré la liste des invités, il commença à les appeler un à un pour les informer qu’ils devraient payer personnellement ce qu’ils avaient mangé. “Honteux, le couple a très vite payé.” Toutes les affaires ne sont pas aussi simples, et en fonction de la difficulté de la tâche, El cobrador prélève une commission qui peut dépasser 50 % de la somme recouvrée. Pour beaucoup de créanciers, mieux vaut lui abandonner une forte prime contre un résultat rapide, plutôt que se lancer dans un marathon judiciaire souvent infructueux.
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L’entreprise, fondée en 1988, compte 550 salariés. Elle cherche à recruter une cinquantaine de personnes supplémentaires, essentiellement des collecteurs, pour les affecter en priorité dans ses agences d’Andalousie et de la communauté de Valence, les plus actives en raison de l’intense spéculation immobilière qui a régné dans ces régions.
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En Espagne, le retard de paiement est une tradition, presque un sport national, explique Pere Brachfield, professeur à l’Ecole d’administration des entreprises de Barcelone, dans son dernier ouvrage, Mémoires d’un chasseur d’impayés : flore, faune et antidotes (Editions Gestion 2000, 14,96 euros, 329 pages). Selon ce spécialiste, 62 % des impayés commerciaux sont volontaires contre 35 % en moyenne dans le reste de l’Europe. A ce “manque d’éthique des entreprises” s’ajoute, dit-il, “l’inefficacité du cadre légal”. Il faut en moyenne trois ans de procédure pour que les tribunaux se prononcent. D’où le succès de méthodes plus expéditives. [ .. ]

[LeMonde,13/14octubre08, Jean-Jacques Pozonnet, En Espagne, honte aux mauvais payeurs !].
Comentarios
2 Comentarios

En Espagne, le retard de paiement est une tradition…
Antiguamente se decía que la mayor mancha de la reputación de un comerciante, es que se descubriese el carruaje del notario detenido en su puerta (porque habría ido a levantarle el “protesto” de una letra).
J.
Joaquín,
NO conocía esa historia… que bien ilustración la degradación moral creciente,
Q.-