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El "corazón" de la UE, podrido. España, sonámbula

26 Jun 2006, by Quiñonero, Categories: Francia, España, UE, Europa

6f26 Le Monde Plantu bis

La crisis de Airbus, vista por Plantu, primera página Le Monde, 27. jun. 06.

Le Monde estima (1) que las rivalidades nacionales [entre Francia y Alemania] están provocando “disfuncionamiento” en la buena marcha de los negocios de EADS y su primer filial, Airbus, el pilar más legendario de una eficaz Europa de la aeronáutica.

Se trata de una nueva amenaza del antiguo “corazón” de la UE contra los intereses comunes del resto de sus vecinos y aliados. España ha jugado un papel de comparsa sonámbula, ignorante o ciega en el proceso en curso.

Follow up:

● París y Berlín (Chirac y Schroeder) dinamitaron el difunto/maquillado Pacto de estabilidad y crecimiento, en el que debía fundarse la estabilidad monetaria de la zona euro.

● París y Berlín dividieron a toda Europa y crearon una división histórica en el seno de la Alianza atlántica, con motivo de la Guerra de Irak.

● París y Berlín están en el origen último de la crisis institucional de la UE.

La llegada al poder de Angela Merkel, el otoño/invierno del 2005 modificó significativamente algunas de las piezas de tal “puzzle”. Pero la UE está institucionalmente paralizada. El “dúo” franco-alemán está paralizado, igualmente. Y en tales terrenos todo queda hipotecado al resultado de las próximas elecciones presidenciales francesa, el mes de mayo del 2007.

España ha participado significativamente en el estancamiento europeo:

Las sirenas de la demagogia.
Zapatero y el fatigado “corazón” de Europa.
Europa / UE. Groucho y Brech comentan la crisis.
Francia / UE. El abismo contemplado por Groucho Marx y Woody Allen.
Francia / UE. Los dinamiteros y sus cómplices.
Francia rechaza constitución europea. Cataclismos de la esquizofrenia.
Zapatero y el Dinosaurio.
Holanda dice NO. ¿Principio del fin de la integración política de Europa?
ZP y Chirac minan la integración económica de Europa.

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(1) LE MONDE | 26.06.06 |

Compte rendu
EADS : le désaccord franco-allemand

L'annonce par EADS, le 13 juin, que les Airbus A380 ne seraient pas livrés dans les temps a provoqué une véritable crise de confiance et, dans un premier temps, une spectaculaire chute du cours de Bourse. Depuis, chacun s'interroge : qui savait quoi ? La direction d'EADS était-elle au courant des problèmes rencontrés par sa principale filiale?
A ces questions, un document en anglais dont nous publions de larges extraits apporte une grande partie des réponses. Il s'agit du compte rendu du comité d'audit d'EADS qui s'est tenu le 12 mai. Y siègent Arnaud Lagardère et Manfred Bischoff, les deux coprésidents du conseil d'administration, Louis Gallois et Rüdiger Grübe, eux aussi administrateurs, et les deux coprésidents exécutifs d'EADS, Thomas Enders et Noël Forgeard. Quelques personnes y sont invitées dont Hans Peter Ring directeur financier, et Jean-Paul Gut, directeur en charge de la stratégie.
La réunion s'ouvre à 10 heures, à Amsterdam, lieu où se réunit traditionnellement le conseil d'administration de ce groupe juridiquement néerlandais. Après une rapide présentation des comptes du premier trimestre par le directeur financier, la discussion porte rapidement sur l'A380.
Le compte rendu indique que "Noël Forgeard a indiqué qu'il a demandé à l'équipe d'Airbus s'ils peuvent garantir que certains contrats A380, par exemple ceux de Qantas, ne seront pas en perte s'il y a des pénalités ou des surcoûts, sans obtenir une réponse claire. Il a souligné que c'est une question importante parce que, dans un tel cas, il faudrait passer des provisions correspondantes. Manfred Bischoff a fait remarquer que, bien qu'il soit connu qu'il puisse y avoir des dépassements de coûts et des retards, les informations disponibles ne permettent pas à ce stade de les confirmer ou de les quantifier. Ainsi, il serait prématuré de changer les prévisions maintenant et il a recommandé de reporter une telle décision à la publication des résultats du premier semestre. Hans Peter Ring a signalé que sur la base du niveau assumé de 13 livraisons en 2007, il peut confirmer les prévisions 2006."
Comme le révèle cette première passe d'armes, les échanges entre ces responsables se caractérisent moins, comme on l'avait cru, par une divergence de vue entre EADS et sa filiale Airbus, que par deux camps, d'un côté les Français, de l'autre les Allemands. La suite du PV ne fait que confirmer cette impression.
Après l'intervention de M. Ring, c'est Louis Gallois qui prend la parole. Le président de la SNCF, ancien président de l'Aérospatiale, est depuis le début administrateur d'EADS. Il "a mis en avant la nécessité d'être prudent et il rappelle qu'il y a un fort sentiment que si les perspectives ("guidance") ne sont pas adaptées, il faudrait le communiquer au marché."
M. Forgeard reprend alors la parole. Il "ne s'est pas opposé à laisser les perspectives inchangées à ce stade, basées sur l'information disponible mais il a souligné que dans un rapport revu d'Airbus, on peut lire que d'un côté le retard des livraisons de l'A380 est en moyenne d'un à deux mois, ce qui semble irréaliste, alors que des retards d'au moins 4 à 5 mois sont aussi mentionnés, ce qui crée de la confusion. Ainsi, il peut seulement donner son accord à des prévisions inchangées si Hans Peter Ring confirme que le retard inclus dans les prévisions est le bon ; autrement il ne peut pas."
Pour lui, il ne peut approuver les prévisions que si "Airbus confirme le niveau des 13 livraisons comme un minimum".
"POSTULAT IRRÉALISTE"
M. Bischoff fait alors entrer Gustav Humbert, président d'Airbus, dans la salle. M. Forgeard revient sur la nécessité d'établir des prévisions précises. "Il a indiqué que si l'état des pertes prévues associées au retard de livraison de l'A380 est basé sur un retard supposé de 1 à 2 mois, alors c'est une prévision trop risquée parce que basée sur un postulat irréaliste."
Après de brèves interventions de MM. Bischoff et Lagardère, M. Humbert prend la parole. Selon le PV, "il a dit qu'il y a actuellement un retard (...) qui pourrait mener à un retard de livraison de 3 à 5 mois. De toute façon, comme les livraisons ne sont pas prévues maintenant mais en avril 2007, la question clé est ce qui va se passer entre maintenant et avril 2007 et s'il est possible ou non de compenser ce retard. De toute façon, il est impossible de donner une réponse à cette question maintenant car les tests (...) n'interviendront qu'en août 2006. Il a souligné que c'est seulement à cette date que l'on saura s'il y a d'autres problèmes (...) Il a indiqué que si, à l'issue de ces tests, des problèmes lourds sont identifiés, Airbus ne sera pas capable de rattraper ces retards et que la situation pourrait même se dégrader. En de telles circonstances, les livraisons d'Airbus l'année prochaine pourraient être limitées à 8 à 10 appareils. Mais il a insisté que cela ne sera connu qu'en août. De l'autre côté, si en août, les tests confirment que tout va bien, Airbus pourra récupérer 2 à 5 mois sur les 3 à 5 mois de retards indiqués."
En mai, le patron d'Airbus est donc prudent mais encore optimiste : interrogé par Louis Gallois sur le nombre d'A380 qui pourront être livrés, "il a indiqué que dans le pire des cas, ce sera entre 8 et 10 ; dans le meilleur entre 17 et 20 et dans le cas normal, de 10 à 15, ce qui justifie le nombre de 13 livraisons donné comme la meilleure estimation". Concernant les finances, il "a indiqué qu'avec 13 livraisons, la prévision de résultat opérationnel (Ebit) d'Airbus de 2,6 milliards d'euros en 2007 peut être maintenue".
"CHIFFRES PAS CONNUS"
S'ensuit un rapide échange au cours duquel les Français souhaitent manifestement davantage de précisions et où les Allemands déclarent qu'on ne peut pas être plus précis pour le moment. Louis Gallois intervient le dernier, en "disant qu'il ne veut pas prendre une responsabilité basée sur des chiffres qui ne sont pas connus de lui". Avant de passer en revue les autres activités du groupe, Manfred Bischoff "conclut que le conseil, ayant entendu l'information du management telle que l'ont rapporté le président, le directeur financier et Gustav Humbert, décide ne pas changer les perspectives".
Ce compte rendu de 8 pages s'achève sur un point "divers" qui ne manque pas d'intérêt, vu la polémique qui entoure la vente de stock-options par M. Forgeard en mars 2006.
Celui-ci a en effet "suggéré qu'il soit enregistré dans le compte rendu de la réunion que Manfred Bischoff et Arnaud Lagardère ont informé Tom Enders et Noël Forgeard de leur décision de céder une partie de leurs actions EADS dans une réunion "Entre-quatre" qui s'est déroulée le 20 mars 2006. C'est important parce que certains membres du management ont vendu des stock-options avant cette date (M. Forgeard a vendu ses stock-options le 15 mars) et il doit être transparent pour tous qu'ils n'avaient pas d'information quand ils ont exercé et vendu ces stock-options. Manfred Bischoff et Arnaud Lagardère ont confirmé que c'est effectivement le cas et que le management n'était pas informé des intentions des actionnaires quand il a exercé et vendu ses stock-options."
La réunion s'est achevée à 11 h 45.

Frédéric Lemaître
Article paru dans l'édition du 27.06.06

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