“Francia ha dejado de ser un país católico”

enero 10, 2007 | 4 Comentarios

De la metamorfosis de los pueblos, España, Francia, Europa. Materiales para un debate de fondo:

Le Figaro entrevista a un jesuita, gran especialista en problemas de religión y catolicismo, en Francia:

Henri Madelin : ”La foi devient contre-culture”

Par SOPHIE DE RAVINEL.

Selon un sondage, les Français ne sont plus que 51 % à se déclarer catholiques. Le père Henri Madelin analyse ce recul de la foi.

FIN CONNAISSEUR de la réalité catholique en France, le jésuite Henri Madelin, ancien rédacteur en chef de la revue Études, membre de l’Office catholique pour l’information et l’initiative sur les problèmes européens (Ocipe), commente pour Le Figaro les résultats du sondage publié hier par Le Monde des Religions.

LE FIGARO. – La France est-elle toujours catholique ?

Henri MADELIN.- Au vu des chiffres, nous pourrions dire que non. Cependant, je me souviens de cette phrase de Sartre, après la guerre, affirmant que « nous sommes tous catholiques ». Elle nous permet de sortir de l’ambiguïté de ce sondage. Parle-t-on d’une appartenance culturelle – alors la France est encore majoritairement catholique – ou d’une adhésion croyante à la foi ? Dans ce dernier cas, les chiffres sont inquiétants. Ils expriment une vraie dégringolade et la formule de Sartre devient moins évidente. La sociologue Danièle Hervieu-Léger parle d’une « exculturation » des valeurs de l’Église : les grands repères de la vie sont traversés par une pluralité d’approches culturelles.

Nous le constatons par exemple avec l’homoparentalité ou la question du genre masculin et féminin. Toutes les valeurs qui ont porté la France, qui dépassaient l’appartenance religieuse et que la société entière s’était appropriée, sont aujourd’hui attaquées. Si nous continuons sur ce chemin, la foi catholique pratiquée va devenir une contre-culture.

Peut-on parler d’une culture de minorité ?

Sans doute, si l’on considère les catholiques qui mettent en pratique leur foi. Mais pour moi qui vis à Bruxelles, il ne s’agit pas d’une spécificité française. Un évêque belge a récemment affirmé que son Église allait bientôt se retrouver aussi minoritaire que l’Église en Turquie, dans une configuration où l’influence n’est plus celle de la matrice primordiale.

Êtes-vous inquiet ?

Cela me peine pour l’Europe et pour le catholicisme. Dans son livre Dieu et l’Europe, Jean Boissonnat aborde lucidement cette situation. Mais si les chrétiens ne voient plus l’extraordinaire don qui leur a été fait historiquement par l’Orient, alors d’autres continents, d’autres Églises, vont s’emparer de cette richesse considéré ici comme une pauvreté. Je pense à l’Afrique, ou au Vietnam et à l’Inde en Asie, sans doute aussi demain à la Chine. Ils sauront la réinvestir ! La religion catholique n’appartient pas aux Européens ou aux Français. Ils l’ont reçue mais s’ils la rejettent, elle partira ailleurs. L’image de Dieu pourrait alors évoluer au gré des cultures, s’émanciper de sa tutelle européenne.

Comment expliquez-vous le fait que les catholiques, hermétiques aux dogmes selon ce sondage, restent très attachés au Pape ?

Le nombre d’enfants catéchisés est tombé à un niveau très bas en France. Ce point, absent du sondage et sur lequel l’Église jette un voile pudique, est pourtant crucial. Il explique pourquoi, alors que nous en sommes à la deuxième génération non catéchisée, les catholiques français n’adhèrent pas aux dogmes. Ils ne les connaissent tout simplement plus ! Mais je pense aussi que la société fait aussi payer à l’Église le monopole de la régence sur les consciences, longtemps exercée. Comme l’affirme la sociologue britannique Grace Davie, les catholiques européens sont désormais dans une logique de « be- lieving without belonging », de croyance sans volonté d’appartenance. Quand à la bonne opinion de Benoît XVI qui ressort du sondage, elle est caractéristique des « catholiques culturels ». Le Pape défend des valeurs en lesquelles ils croient : humanitaires, humanistes… Il récolte aussi les fruits de la papauté précédente. Mais dans un monde menacé de choc civilisationnel, Benoît XVI est aussi considéré comme un rempart contre des forces comme l’islam.

Le sondage manifeste pourtant une stabilité de l’islam, à 4 %…

Et il faut, là aussi, distinguer la culture et la pratique. Ce sondage ne dit pas tout. En particulier, pour les catholiques, la naissance d’un catholicisme vigoureux prêt à évangéliser la société moderne, qui considère cette crise comme une purification divine.

Pensez-vous que l’Église doive suivre l’opinion de fidèles favorables aux prêtres mariés ou au sacerdoce féminin ?

L’Église ordonnera sans doute des hommes mariés. Mais c’est une simple question d’aménagement. Le problème est plus profond. Quant aux femmes, une évolution est souhaitable, en particulier vers le diaconat. Les fidèles doivent s’habituer à les voir évoluer dans les zones sacrées et se débarrasser de fantasmes archaïques relatifs à l’impureté par exemple. Mais l’avenir appartient aussi aux laïcs. Et je suis aujourd’hui impressionné par leur capacité à s’introduire dans les débats de la société française.


Comentarios

4 Respuestas a ““Francia ha dejado de ser un país católico””

  1. Joaquin dice:

    Los europeos somos cristianos “malgré-nous”. El día que Europa dejase de ser civilizatoria y culturalmente cristiana, habría muerto. Otra cosa es la fe religiosa y la práctica del culto, que hoy puede estar recluída en las catacumbas: “… la naissance d’un catholicisme vigoureux prêt à évangéliser la société moderne, qui considère cette crise comme une purification divine”.

  2. Joaquín,

    En este caso, el problema de la fe, en Europa, quizá sea indisociable de otros problemas económicos, sociales, demográficos, educativos, incluso militares, etc., que oscilan entre el gris ceniza y el negro azabache, me temo,

    Q.

  3. [...] “Francia ha dejado de ser un país católico”. [...]

Deja un comentario